Nikolaï Rimsky-Korsakov et Shéhérazade
Nikolaï Rimsky-Korsakov
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Nikolaï Andreïevitch Rimski-Korsakov (en russe : Николай Андреевич Римский-Корсаков; Nikolaj Andreevič Rimskij-Korsakov), né le 18 mars 1844 à Tikhvine et mort le 21 juin 1908 à Lioubensk, est un compositeur et théoricien russe, l'un des membres du Groupe des Cinq composé également de Mili Balakirev, César Cui, Alexandre Borodine, et Modeste Moussorgski.
Il devient inspecteur des orchestres militaires de la marine. Son traité Éléments d'orchestration est publié en 1913. Il se permet à plusieurs reprises de « revoir », c'est-à-dire de modifier, certaines partitions inachevées de Moussorgski ou de Borodine selon ses théories de composition. Il en reçoit des étiquettes peu flatteuses comme celle d'« académique ». Cela serait oublier un peu vite ses grandes qualités d'orchestrateur et de symphoniste.
Il meurt d'une crise d'angine de poitrine, peu de temps après une ultime rencontre avec Igor Stravinski. Ses œuvres les plus connues du grand public restent son Vol du bourdon (extrait de son opéra Les contes du Tsar Saltan) et Shéhérazade.
Opéras
- La Bonne de Pskov (Pskovityanka) (1872)
- Nuit de mai (Mayckaya Noch') (1878-1879) (livret de Rimski-Korsakov, d'après Gogol)
- La Demoiselle des neiges (Sniegourotchka) (1880-1881) (livret de Rimski-Korsakov, d'après Ostrovsky)
- Mlada (Млада) (1889-1890) (Livret de Rimski-Korsakov, d'après Guedeonov et Krylov)
- La Nuit de Noël (Noch' pered Rozhdestvom) (1895)
- Sadko (1896)(Livret de Rimski-Korsakov, d'après une légende populaire)
- Mozart et Saliéri (Mocart i Sal'eri) (1897) (Livret de Rimski-Korsakov, d'après Pouchkine)
- Boyarinya Vera Sheloga (1898)
- La Fiancée du tsar (Tsarskaya nevesta) (Царская невеста) (1898)
- Les contes du Tsar Saltan (Skazka o tsare Saltane) (1899-1900), (Livret de V.I. Bielsky, d'après Pouchkine)
- Servilia (1901)
- Kachtcheï l'immortel (russe : Кащей Бессмертный) (1901-1902)
- Pan Voyevoda (1903)
- La Légende de la ville invisible de Kitège et de la demoiselle Fevronia (russe : Сказание о невидимом граде Китеже и деве Февронии) (1904)
- Le Coq d'or (russe : Золотой Петушок) (1906-1907)
Principales oeuvres orchestrales
- Un concerto pour piano (1882-1883)
- Trois Symphonies (dont la Deuxième, Antar est en fait une suite symphonique)
- Capriccio espagnol (1887)
- Shéhérazade (1888)
- La Grande Pâque russe (1888)
- Concerto pour trombone et harmonie
En 1888, Nikolaï Rimski-Korsakov compose sa suite symphonique Shéhérazade (en russe Шехерезада - Cheherezada), sur laquelle Michel Fokine créera, en 1910, un ballet pour les Ballets russes, avec notamment Vaslav Nijinski dans l'un des rôles principaux.
Une nouvelle forme de composition
Shéhérazade est en quelque sorte à mi-chemin entre la Symphonie fantastique d'Hector Berlioz (1830) et le poème symphonique composé par Franz Liszt en 1854. C'est une pièce en quatre mouvements où le grand public voit souvent deux thèmes principaux : celui de Schéhérazade (violon et harpe) et celui du sultan (cuivres). Ils subissent tous deux des transformations expressives à l'image du thème de la femme aimée chez Berlioz. C'est en cela que cette pièce conserve certains critères habituels de la suite.
Cependant, son argument (les contes des Mille et une nuits) est plus proche du poème symphonique, en ce sens qu'il est moins précis que celui de la Symphonie fantastique. Il sert ainsi l'ébauche du futur poème symphonique. À cela il faut ajouter que le compositeur s'est toujours insurgé à ce qu'on fasse une lecture habituelle de cette œuvre, en y voyant par exemple des personnages évoluer et agir clairement. C'est tout à fait l'inverse de ce qu'écrivit Vivaldi avec la partition des Quatre Saisons annotée des animaux décrits dans sa musique à programme, ou de ce que fera Prokofiev dans Pierre et le Loup, avec des instruments représentant des personnages avec des thèmes propres récurrents. Rimski-Korsakov écrit ainsi violemment dans Chroniques de ma vie musicale :
« C'est en vain que l'on cherche des leitmotive toujours liés à telles images. Au contraire, dans la plupart des cas, tous ces semblants de leitmotive ne sont que des matériaux purement musicaux du développement symphonique. Ces motifs passent et se répandent à travers toutes les parties de l'œuvre, se faisant suite et s'entrelaçant. Apparaissant à chaque fois sous une lumière différente, dessinant à chaque fois des traits distincts et exprimant des situations nouvelles, ils correspondent chaque fois à des images et des tableaux différents. »
Et il est vrai que voir resurgir des fragments du thème du Sultan dans le passage La Mer de la quatrième partie par exemple ne s'explique raisonnablement que si l'on sait cela : le compositeur élaborait ici une nouvelle forme de composition, s'inspirant d'un thème mais n'y restant pas de manière trop plaquée. Certes, le passage de la Mer et du Naufrage évoquent nettement une certaine furie, un déchaînement, mais le programme de la musique se borne à cela.
Plan de l'oeuvre
- I. La mer et le vaisseau de Simbad (Largo e maestoso — Allegro non troppo)
- II. Le récit du prince Calender (Lento — Andantino — Allegro molto — Con moto)
- III. Le jeune prince et la jeune princesse (Andantino quasi allegretto — Pochissimo più mosso — Come prima — Pochissimo più animato)
- IV. Fête à Bagdad - La Mer - Le Vaisseau se brise sur un rocher surmonté d'un guerrier d'airain (Allegro molto — Vivo — Allegro non troppo maestoso)
Vidéos
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Sources:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola%C3%AF_Rimski-Korsakov
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sh%C3%A9h%C3%A9razade_%28Rimski-Korsakov%29
http://www.youtube.com