Franz Liszt et les Etudes d'après Paganini (suite)

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Oeuvre 

Les oeuvres pour piano

Les Etudes d'exécution transcendante

Encore adolescent, il commence la composition des Douze études d'exécution transcendante. C'est en 1838 qu'elles prennent corps. Liszt y développe de nouvelles possibilités d'expression pour le piano et des difficultés d'exécution extrêmes. En 1851, la version définitive est publiée. Encore aujourd'hui, elles sont considérées par tout pianiste comme ce qu'il y a de plus exigeant en terme d'aisance, souplesse, technique de mouvements à la fois rapides et complexes (sauts, doubles sons, traits rapides, écarts...). Certaines sont particulièrement difficiles et redoutées jusque dans les concours internationaux. Mazeppa, la quatrième étude, est une œuvre orchestrale écrite en partie sur trois portées. C'est un drame littéraire qui se joue : une chevauchée grandiose et magnifique jusqu'à ce que… Il tombe enfin ! et se relève Roi ! (Victor Hugo). La pièce commence par une cadence annonciatrice. Écrit sur trois portées, le thème est annoncé avec de grands accords dans les aigus et les graves soutenus alternativement par des tierces rapides réparties entre les deux mains. La cinquième étude, Feux-follets, est redoutable. C'est une pièce d'impressionnisme très rapide (10 pages jouées en trois à quatre minutes) en doubles sons avec des sauts grands et rapides. L'écriture développée dans cette pièce sera en partie reprise par Ravel dans Ondine et Scarbo (Gaspard de la Nuit), pièces françaises d'une grande littérature. L'ensemble des études représente quelque 60 à 70 minutes, selon que l'interprète, nécessairement virtuose, privilégie la rapidité, tel Evgueni Kissin, ou la poésie, tel Jorge Bolet.

Les oeuvres pour piano et orchestre

Les concertos pour piano et la Fantaisie hongroise (adaptée de la quatorzième rhapsodie) sont des œuvres parmi les plus expressives de Liszt. Elles sont également parmi les plus originales, puisqu'elle ne respectent pas les conventions associées à la composition de concerti : normalement en trois mouvements rapide-lent-rapide, ils se constituent chez Liszt d'un seul mouvement, séparés en quatre tempi différents pour le Premier en mi bémol, et en six pour le Second en la majeur. Chaque concerto dure environ 20 minutes : 19 min 42 pour le premier et 22 min 29 pour le second, dans l'interprétation de Lazar Berman (DG, 1976).

  • Concerto pour piano et orchestre n° 1 en mi bémol majeur
  • Concerto pour piano et orchestre n° 2 en la majeur

La Totentanz pour piano et orchestre, série de variations sur le sombre thème grégorien du Dies irae, est une pièce tour à tour rêveuse et explosive, d'une grande virtuosité.

Les oeuvres Symphoniques

Liszt a écrit 13 poèmes symphoniques, genre dont il est le créateur et repris notamment par Richard Strauss et Saint Saëns. Parmi ces poèmes, sont notables : Ce qu'on entend sur la montagne, Mazeppa (dont il existe une version pour piano dans les Études d'exécution trancendantes),Du Berceau jusqu'au tombeau, Prométhée et le Les Préludes dont le thème principal eut le malheur de servir de motif musical aux bulletins militaires de la radio du Troisième Reich. L'ensemble dure environ quatre heures et comprend :

  • Ce qu'on entend sur la montagne (d'après Hugo)
  • Die Ideale (d'après Schiller)
  • Festklänge
  • Hamlet
  • Héroïde funèbre
  • Hungaria
  • Hunnenschlacht
  • Les Préludes (d'après Lamartine)
  • Mazeppa
  • Orpheus
  • Prometheus
  • Tasso, lamento e trionfo (d'après Byron)
  • Von der Wiege bis zum Grabe

Il a composé deux symphonies : la Dante Symphonie et la Faust Symphonie. Il a par ailleurs adapté pour orchestre de nombreuses œuvres pour piano de sa composition (Méphisto-Valse n°1 (d'après Lenau) ; six Rhapsodies hongroises, correspondant respectivement aux Rhapsodies pour piano nos14, 2, 6, 12, 5 et 9).

Les 6 études daprès Paganini

Les Six Études d'après Paganini constituent le second bloc d'études, composées par Liszt en 1838, et révisées en 1851. Elles répondent à des préoccupations différentes de celles des Études d'exécution transcendante : il s'agit ici de transposer pour le piano les difficultés dont Paganini a émaillé ses œuvres pour violon, et plus particulièrement ses 24 Caprices. Hormis la troisième, chaque étude reprend l'un des Caprices pour le transformer en un exercice virtuose des plus compliqués. Parmi les six études que Liszt a composées dans ce recueil, seule la troisième n'est pas fondée sur un Caprice, mais sur le Deuxième Concerto du compositeur italien. Il s'agit de la Campanella, œuvre parmi les plus célèbres du compositeur hongrois, dont le motif original a également inspiré nombre d'autres compositeurs, dont Brahms.

La sonate en si mineur

Cette grande sonate est écrite d'un bloc d'environ une demi-heure. Ce sera la seule de Liszt. Elle est dédiée à Robert Schumann. La sonate développe ses thèmes par la transformation thématique. C'est une œuvre littéraire mais surtout psychologique, voire autobiographique. C'est une pièce maîtresse. Cette nouvelle forme de sonate est reprise plus tard. Si les difficultés techniques sont moins éclatantes que dans les études, les difficultés d'intégration mentale et psychologique pour l'interprétation de la pièce par le pianiste sont immenses. C'est une œuvre de la maturité, qui a été pressentie par la fantasia quasi-sonata, Après une lecture de Dante, une des pièces des années de pèlerinage. Son premier enregistrement notable est l'interprétation de Cortot (1929). Celles d'Argerich, Zimerman, Pogorelich et la première d'Horowitz (1932) font également référence. Une anecdote savoureuse mérite d'être rapportée en lien avec cette œuvre. En juin 1853, Brahms, alors âgé de vingt ans, avait rendu visite à Liszt à Weimar où il séjourna quelques jours. Au cours de l'une des soirées, Liszt interpréta devant Brahms et quelques autres convives sa sonate dont il était particulièrement fier. Lors d'un passage chargé d'émotion, Liszt se tourna vers l'auditoire pour constater leur réaction et aperçut Brahms, la tête penchée sur l'épaule en train de somnoler. Il continua sa prestation jusqu'au bout et sortit de la pièce sans dire un mot, profondément vexé.

Les années de pèlerinage

Ce cycle, durant quelque trois heures, se compose de trois années : la première en Suisse, deux en Italie. Toutes sont particulièrement profondes et littéraires. Les premiers jeux d'eau pour piano y sont. Ravel et Debussy suivront. Cette pièce est un chef d'œuvre littéraire, d'impressionnisme, et pianistique. Les difficultés sonores pour le pianiste sont plus fortes que celles — plus apparentes — des doubles sons : tierces staccato en arpèges et gammes, sauts, traits parallèles rapides, trémolos et trilles à deux mains. Les Jeux d'eau de Ravel en descendent directement. Les pianistes Cziffra et Lazar Berman — qui ont beaucoup joué Liszt — en ont fait une interprétation magistrale.

  • La Première année (environ 48 minutes) se compose des pièces suivantes : Chapelle de Guillaume Tell, Au lac de Wallenstadt, Pastorale, Au bord d'une source, Orage, Vallée d'Obermann, Églogue, Le Mal du pays et Les clôches de Genève ;
  • la Deuxième année (environ 71 minutes) se compose des pièces suivantes : Spozalosio, Il penseroso, Sonnet de Petrarque n° 47, Sonnet de Pétrarque n°104, Sonnet de Pétrarque n°123, Après une lecture de Dante et comporte un supplément (Venezia & Napoli), constitué de La Gondoliera, Canzone et Tarentelle :
  • la Troisième année (environ 56 minutes) se compose des pièces suivantes : Angelus, Aux cyprès de la Villa d'Este (I & II), Les Jeux d'eau à la villa d'Este, Sunt Lacrymae rerum, Marche funèbre et Sursum corda.

Les Rhapsodies

Liszt a composé une vingtaine de Rhapsodies, pièces folkloriques et courtes, de trois à quatorze minutes. Les plus célèbres sont les dix-neuf Rhapsodies hongroises, écrites sur des airs traditionnels tziganes, dont les plus remarquables sont la mélodieuse cinquième, intitulée Élégiaque, et la quinzième, dite marche de Rakoczy, la plus connue. On connaît également une Rhapsodie espagnole et une Rhapsodie roumaine.

Liszt a également composé une dizaine de Magyar Dalloks, courtes pièces apparentées, durant entre deux et dix minutes, et inspirées du folklore hongrois.

L'ensemble de ces pièces a été édité en 1986 dans un coffret de trois CD Le Chant du monde, sous l'interprétation de Setrak.

Les transcriptions

Liszt fut un très grand transcripteur. À une époque où l'accès à la musique se faisait souvent dans les salons, Liszt a su accroître la diffusion des œuvres orchestrales, notamment les symphonies de Beethoven, à travers des transcriptions pour piano ou deux pianos. Il a également transcrit beaucoup d'airs d'opéras et même des Lieder de Schubert. Salué par la critique, l'enregistrement de Michel Dalberto, Un piano à l'opéra (RCA), regroupe six transcriptions d'airs d'opéras.

  • Transcriptions de symphonies :
    • Les Symphonies de Beethoven
  • Transcriptions de Lieder et de pièces de salon:
    • Auf dem Wasser zu singen de Schubert
    • Ave Maria de Schubert
    • Der Jager de Schubert
    • Die Bose Farbe de Schubert
    • Erlkonig de Schubert
    • Soirées de Vienne, 9 Valses-Caprices d'après Fr. Schubert
  • Transcriptions d'opéras :
    • Réminiscences de Norma de l'opéra de Bellini
    • Miserere du Trovatore de l'opéra de Verdi
    • Paraphrase de concert de Rigoletto de l'opéra de Verdi
    • Réminiscences de Simon Boccanegra de l'opéra de Verdi
    • Liebestod de Tristan et Isolde de l'opéra de Wagner
    • Marche solennelle vers le Saint-Graal de Parsifal de l'opéra de Wagner
    • Récitatif et romance de Tannhäuser de l'opéra de Wagner
    • Réminiscences de Robert le diable de l'opéra de Meyerbeer, composées en 1840 et créées le 16 novembre de la même année à Hamburg
    • Réminiscences de Don Juan de l'opéra de Mozart
    • Fantasy on melodies from Don Juan and Figaro publié seulement en 1911 par Ferrucio Busoni
    • Valses Caprice.
      • Valse de bravoure, version révisée de la Valse de bravoure opus 6.
      • Valse mélancolique, révision de la version de 1840.
      • Valse de concert sur deux motifs de Lucia et Parisina de Gaetano Donizetti, version révisée de la "Valse et capriccio sur deux motifs de Lucia et Parisina de Gaetano Donizetti" from 1841. 

Les pièces religieuses

Liszt ayant été ordonné, il s'est naturellement penché sur la composition d'œuvres religieuses. La plus connue est la septième pièce du recueil Harmonies poétiques et religieuses, intitulée Funérailles (1849).

  • Harmonies poétiques et religieuses

Les autres pièces pour piano

Parmi les pièces plus mineures, citons Nuages gris (1881), La Lugubre Gondole (1882), Csardas Macabre (1884), La Notte et Les Morts. Les plus célèbres de ces œuvres mineures sont sans doute la Valse-impromptu, la Mephisto Waltz et le charmant Liebestraum n°3, plus connu sous le titre de Rêve d'amour.

Les ouvrages de jeunesse

Ils sont nombreux, quoique de qualité inférieure au reste des compositions lisztiennes. La plupart ne peuvent être trouvées que dans l'édition intégrale de Liszt effectuées par Leslie Howard. Il y a deux classements en opus:

D'abord les ouvrages venus de l'enfance (avant 1829):

  • Opus 1: Huit Variations, publié en 1824
  • Opus 2: Sept Variations sur une méodie de Rossini, publié en 1824
  • Opus 3: Impromptu Brillant sur des Thèmes de Rossini et Spontini, publié en 1824
  • Opus 4: Deux Allegri de Bravoure, publié en 1824
  • Opus 5: inusité
  • Opus 6: Etude en douze Exercices, première publication de 1826. Publication plus tardive chez Hofmeister, Leipzig en tant qu'opus 1 en mars 1839.

Puis les ouvrages des années 1830:

  • Opus 1: Grande fantaisie sur une Tyrolienne de l'Opéra La Fiancée de Auber : première version de 1829, création par Liszt le 7 avril 1829 à Paris; seconde version de 1835, créée le 1er Octobre 1835 à Genève.
  • Opus 2: Grande Fantasie de Bravoure sur La Clochettede Paganini composée entre 1832 et 1834 et créée par Liszt le 5 Novembre 1834. La création fut un total échec.
  • Opus 3 et 4: inutilisés
  • Opus 5: Trois morceaux de salon composés en 1835 et revisés en 1838.
    • Fantaisie romantique sur deux airs suisses.
    • Rondeau fantastique sur le thème "Il contrabandista" de Manuel Garcia, créé le 28 Janvier1837 à Paris.
    • Divertissement sur la Cavatine "I tuoi frequenti palpiti" de la Niobe de Pacini, créée le 1er Avril 1836 à Geneve.
  • Opus 6: Valse de bravoure, (1835) créée le 28 mai 1836 à Paris.
  • Opus 7: (1835-36) Réminscences des Puritains . Version révisée pour l'édition anglaise de 1840 (?), créée le 5 mai 1836, Lyon.
  • Opus 8: (1835-36) Deux fantaisies sur les motifs des Soirées musicales de Rossini créées entre 1835 et 1836 et revisées en 1840.
    • La Serenata e l'Orgia créée le 18 Mai 1836, Paris.
    • La Pastorella dell’Alpi e li Marinari
  • Opus 9: Réminiscences de la Juive de Halévy , composées en 1835 et créées le 18 mai 1836, à Paris.
  • Opus 10: Trois airs suisses entre 1835 et 1836
  • Opus 11: Réminiscences des Huguenots op.11, composés en 1836 revisés en 1842, et créées le 9 avril 1837, Paris.
  • Opus 12: Grand galop chromatique composé en 1837. C'était la plus populaire des pièces virtuoses que Liszt jouait lors de ses tournée européennes. Liszt la créa au cour d'une soirée privée donnée le 19 Avril 1838 à Venise par la Baronne de Thaltzar, mère de Thalberg. puis joua la version à quatre main avec Clara Wieck (future madame Schumann) au cours d'une soirée donnée par Haslinger à Vienne. La création publique eut finalement lieu lors d'un concert donné à Vienne le 2 mai 1838.
  • Opus 13: (1839) Réminiscences de Lucia di Lammermoor . La première partie ("Andante Finale") fut publié au début de 1840, et créé par le compositeur le 5 novembre 1839 à Trieste. La seconde partie fut publiée sans numéro d'Opus sous le titre de "Marche et Cavatine en 1841, et crée le 2 décembre 1839 à Vienne .  
Les 6 Etudes d'après Paganini   
  1. Etude N° 1 et 2 :
  1. Etude N° 3 (La Campanella), 4 et 5 :
  1. Etude N° 6 : (cela rappelera des souvenirs à Mr PIVOT)

Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Franz_Liszt  

http://www.youtube.com 

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