Maurice Ravel et Le Boléro (suite)

Publié le par Un Compositeur, Une Oeuvre

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Cette recherche de la perfection fit autant pour son succès auprès du grand public que pour sa défaveur auprès de certains critiques. Tandis que son ami Stravinski raillait sa méticulosité en le qualifiant d’ « horloger suisse », certains ne virent dans sa musique que sécheresse, froideur ou artifice. Ravel, qui ne reniait rien de son amour pour les artifices et les mécanismes mais cherchait toujours, en citant Edgar Poe, « le point à égale distance de la sensibilité et de l’intelligence », répliqua avec une phrase devenue célèbre : « Mais est-ce qu’il ne vient jamais à l’esprit de ces gens-là que je peux être « artificiel » par nature ? » [43]..Composer semble n’avoir jamais été chose facile pour Ravel. Son refus de céder à cette « haïssable sincérité de l’artiste, mère de tant d'œuvres bavardes et imparfaites » lui donna le goût de la contrainte auto-imposée, et plus encore de la difficulté vaincue. C’est sans doute ce qui explique la faible abondance de ses œuvres, dans une période créatrice pourtant longue de près de quarante ans, et l'état d'inachèvement dans lequel il laissa plusieurs projets, notamment l'opéra La Cloche engloutie (1906) et le concerto Zazpiak Bat. Pleinement conscient de son caractère, Ravel pouvait confier à Manuel Rosenthal : « Oui, mon génie, c’est vrai, j’en ai. Mais qu’est-ce que c’est ? Eh bien, si tout le monde savait travailler comme je sais travailler, tout le monde ferait des œuvres aussi géniales que les miennes. » [44] .Quoi qu’il en soit, de l’incroyable ouverture de L'Heure espagnole aux onomatopées de L'Enfant et les Sortilèges, de la pédale obstinée de si bémol du Gibet dans Gaspard de la nuit à la rigidité rythmique et temporelle du Boléro, cet entêtement dans la quête de la perfection et ce goût de la gageure font beaucoup pour la légende ravélienne.

L'orchestrateur 

Ravel fut selon Marcel Marnat « le plus grand orchestrateur français » et de l’avis de nombreux mélomanes, spécialistes ou non, l’un des meilleurs orchestrateurs de l’histoire de la musique occidentale. Son œuvre la plus célèbre, le Boléro, ne doit-elle pas sa tenue à la seule variation des timbres et à un immense crescendo de l’orchestre ? Passé maître dans le maniement des timbres (quoique n’étant pas lui-même adepte de nombreux instruments), sachant trouver l’équilibre harmonieux le plus subtil, Ravel sut transcender de nombreuses œuvres originales (le plus souvent écrites pour le piano) et leur donner une dimension nouvelle, que ces pages fussent de lui (Ma mère l’Oye, 1912, Valses nobles et sentimentales, 1912, Alborada del gracioso, 1918, Le Tombeau de Couperin, 1919…) ou de ses éminents confrères : Moussorgski (Khovantchina, 1913), Schumann (Carnaval, 1914), Chabrier (Menuet pompeux, 1918), Debussy (Sarabande et Danse, 1923) ou encore Chopin (Étude, Nocturne et Valse, 1923). Mais ce fut l’orchestration des célèbres Tableaux d’une exposition de Moussorgski, commande de Serge Koussevitzky achevée en 1922 à Lyons-la-Forêt chez son ami Roland-Manuel, qui assit définitivement la réputation internationale de Ravel en la matière. Sa version reste la référence et éclipse celle des autres compositeurs qui s’y sont essayés, même si certains regrettent que ce travail ait diminué la simplicité et la naïveté de la page originale. Les Tableaux orchestrés par Ravel font partie, avec Boléro, des œuvres françaises les plus représentées à l’étranger.

L'interprète 

Ravel fut bon pianiste sans être un virtuose (certaines de ses propres œuvres, notamment le Concerto en sol qu’il rêvait de présenter lui-même [46], lui restèrent inaccessibles). Il fut propriétaire de plusieurs pianos droits, le dernier étant encore exposé à Montfort-l'Amaury [47]. Au cours de sa tournée américaine en 1928, il joua sa Sonatine, accompagna sa Sonate pour violon et certaines de ses mélodies. En tant que chef d’orchestre, il n’égala jamais, même de loin, ses qualités d’orchestrateur. Le seul enregistrement [48] qu’il a laissé (un Boléro daté de 1930) et les témoignages de l’époque confirment que Ravel n’était pas un virtuose au pupitre. Il dirigea pourtant avec un immense succès son Concerto en sol au cours de sa dernière tournée, en 1932. 

Oeuvres principales 

L'œuvre de Maurice Ravel se caractérise d'une façon générale par :

  • son abondance relativement modeste en comparaison à celle de certains de ses contemporains
  • sa grande diversité, tous les genres musicaux ayant été abordés à l'exception de la musique religieuse
  • sa proportion notable d'œuvres reconnues comme majeures

Le catalogue complet [49] établi par Arbie Orenstein et complété par Marcel Marnat compte 111 œuvres achevées par Maurice Ravel entre 1887 et 1933 :

  • 86 œuvres originales
  • 25 œuvres adaptées

Les quelque 60 œuvres principales sont sous-citées. 

Oeuvres originales 

Période Titre Instrumentation Parties / Indications
ŒUVRES POUR PIANO
1892 - 93 Sérénade grotesque
Piano 2 mains
Très rude
1895 Menuet antique
Piano 2 mains
Maestoso
1895 Habanera
2 pianos
En demi-teinte et d'un rythme las
1899 Pavane pour une infante défunte
Piano 2 mains
Assez doux, mais d'une sonorité large
1901 Jeux d'eau
Piano 2 mains
Très doux
1903 - 05 Sonatine
Piano 2 mains
I. Modéré - II. Mouvement de menuet - III. Animé
1904 - 05 Miroirs
Piano 2 mains
I. Noctuelles - II. Oiseaux tristes - III. Une barque sur l'océan

IV. Alborada del gracioso - V. La vallée des cloches

1908 Gaspard de la nuit
Piano 2 mains
I. Ondine - II. Le gibet - III. Scarbo
1908 - 10 Ma Mère l'Oye
Piano 4 mains
I. Pavane de la Belle au bois dormant - II. Petit Poucet - III. Laideronnette, impératrice des

pagodes - IV. Les entretiens de la Belle et de la Bête - V. Le jardin féerique

1909 Menuet sur le nom de Haydn
Piano 2 mains
Mouvement de menuet
1911 Valses nobles et sentimentales
Piano 2 mains
I. Modéré. Très franc - II. Assez lent - III. Modéré - IV. Assez animé - V. Presque lent

VI. Vif - VII. Moins vif - VIII. Épilogue. Lent

1912 À la manière de... Chabrier
Piano 2 mains
Allegretto
1912 À la manière de... Borodine
Piano 2 mains
Valse. Allegro giusto
1914 - 17 Le Tombeau de Couperin
Piano 2 mains
I. Prélude - II. Fugue - III. Forlane - IV. Rigaudon - V. Menuet - VI. Toccata
1918 Frontispice
2 pianos 5 mains
Pas d'indication
ŒUVRES ORCHESTRALES
1898 Ouverture de Shéhérazade
Orchestre
Ouverture de féerie
1907 Rapsodie espagnole
Orchestre
I. Prélude à la nuit - II. Malagueña - III. Habanera - IV. Feria
1909 - 12 Daphnis et Chloé
Orchestre et chœurs
Symphonie chorégraphique en deux parties
1919 - 20 La Valse
Orchestre
Mouvement de valse viennoise - Un peu plus modéré - 1er Mouvement - Assez animé
1922 - 24 Tzigane
Violon et orchestre
Lento - Moderato - Allegro
1928 Boléro
Orchestre
Tempo di Bolero moderato assai
1929 - 30 Concerto pour la main gauche
Piano et orchestre
Lento - Allegro - Tempo I
1929 - 31 Concerto en sol majeur
Piano et orchestre
I. Allegramente - II. Adagio assai - III. Presto
MUSIQUE DE CHAMBRE
1897 Sonate posthume
Violon, piano
Allegro moderato
1902 - 03 Quatuor à cordes
2 violons, alto, violoncelle
I. Allegro moderato - II. Assez vif, très rythmé III. Très lent - IV. Vif et agité
1905 Introduction et Allegro
Harpe, flûte, clarinette,

2 violons, alto, violoncelle

Introduction - Allegro
1914 Trio avec piano
Piano, violon, violoncelle
I. Modéré - II. Pantoum. Assez vif - III. Passacaille. Très large - IV. Finale. Animé
1920 - 22 Sonate pour violon et violoncelle
Violon, violoncelle
I. Allegro - II. Très vif - III. Lent - IV. Vif, avec entrain
1924 Tzigane
Violon, piano ou luthéal
Lento - Moderato - Allegro
1924 - 27 Sonate pour violon et piano
Violon, piano
I. Allegretto - II. Blues. Moderato - III. Perpetuum mobile
MUSIQUE VOCALE
1897 - 99 Deux épigrammes
Soprano et piano
I. D'Anne jouant de l'espinette - II. D'Anne qui me jecta de la neige - (Clément Marot)
1901 Myrrha
Soprano, ténor, baryt., orch.
Cantate pour le Prix de Rome - (Lord Byron)
1902 Alcyone
Soprano, ténor, baryt., orch.
Cantate pour le Prix de Rome - (Ovide)
1903 Alyssa
Soprano, ténor, baryt., orch.
Cantate pour le Prix de Rome - (Marguerite Coiffier)
1903 Shéhérazade
Soprano et orchestre
I. Asie - II. La flûte enchantée - III. L'indifférent - (Tristan Klingsor)
1906 Histoires naturelles
Voix et piano
I. Le paon - II.Le grillon - III. Le cygne - IV. Le martin-pêcheur - V. La pintade - (Jules Renard)
1907 Chansons populaires grecques
Soprano et piano
I. Chanson de la mariée - II. Là-bas, vers l'église - III. Quel galant m'est comparable

IV. Chanson des cueilleuses de lentisques - V. Tout gai ! - (Grèce)

1913 Trois poèmes de Mallarmé
Voix et orch. de chambre
I. Soupir - II. Placet futile - III. Surgi de la croupe et du bond - (Stéphane Mallarmé)
1914 Mélodies hébraïques
Voix et piano
I. Kaddich - II. L'énigme éternelle - (Israël)
1914 - 15 Trois chansons pour chœur
Chœur mixte a capella
I. Nicolette - II. Trois beaux oiseaux du paradis - III. Ronde - (Maurice Ravel)
1922 Chansons madécasses
Soprano/baryton, piano,

flûte et violoncelle

I. Nahandove - II. Aoua - III. Il est doux - (Évariste Parny)
1923 - 24 Ronsard à son âme
Voix et piano
Amelette Ronsardelette - (Pierre de Ronsard)
1927 Rêves
Voix et piano
Un enfant court - (Léon-Paul Fargue)
1932 - 33 Don Quichotte à Dulcinée
Baryton et piano/orch.
I. Chanson romanesque - II. Chanson épique - III. Chanson à boire - (Paul Morand)
ŒUVRES LYRIQUES
1907 - 11 L'Heure espagnole Opéra pour cinq voix solistes avec orchestre sur un livret de Franc-Nohain
1919 - 25 L'Enfant et les sortilèges Fantaisie lyrique en deux parties pour solistes et chœurs avec orchestre sur un livret de Colette

Oeuvres adaptées

ARRANGEMENTS DE SES PROPRES ŒUVRES
Période Titre Arrangement Parties / Indications
1906 Une barque sur l'océan
Orchestration
D'un rythme souple
1910 Pavane pour une infante défunte
Orchestration
Lent
1911 - 12 Ma Mère l'Oye
Orchestration
I. Prélude - II. Danse du rouet et scène - III. Pavane de la Belle au bois dormant

IV. Les entretiens de la Belle et de la Bête - V. Petit Poucet - VI. Laideronnette, impératrice

des pagodes - VII. Le jardin féerique

1912 Valses nobles et sentimentales
Orchestration
I. Modéré. Très franc - II. Assez lent - III. Modéré - IV. Assez animé - V. Presque lent - VI. Vif

VII. Moins vif - VIII. Epilogue. Lent

1918 Alborada del gracioso
Orchestration
Assez vif
1919 Le Tombeau de Couperin
Orchestration
I. Prélude - II. Forlane - III. Menuet - IV. Rigaudon
1920 La Valse
Réductions pour 2 pianos
Mouvement de valse viennoise
1929 Boléro
Réduction pour piano
Tempo di Bolero moderato assai
1929 Menuet antique
Orchestration
Maestoso
1932 Concerto en sol majeur
Réduction pour 2 pianos
I. Allegramente - II. Adagio assai - III. Presto
ARRANGEMENTS D'AUTRES ŒUVRES
Période Titre Auteur original Arrangement Parties / Indications
1909 Trois Nocturnes
Claude Debussy
Réduction pour 2 pianos
I. Nuages - II. Fêtes - III. Sirènes
1910 Prélude à l'après-midi d'un faune
Claude Debussy
Réduction pour piano à 4 mains
Très modéré
1913 La Khovanchtchina
Modeste Moussorgski
Orchestration
Orchestration complétée avec Igor Stravinski
1914 Carnaval
Robert Schumann
Orchestration
 
1914 Les Sylphides
Frédéric Chopin
Orchestration
I. Prélude - II. Nocturne - III. Valse
1917 - 1918 Menuet pompeux
Emmanuel Chabrier
Orchestration
Extrait des Dix Pièces pittoresques
1922 Tableaux d'une exposition
Modeste Moussorgski
Orchestration
10 tableaux et 5 promenades
1923 Sarabande et Danse
Claude Debussy
Orchestration
I. Sarabande - II. Danse ou Tarentelle styrienne

Oeuvres les plus jouées

D’après le Portail de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique [50], Ravel est le musicien français non tombé dans le domaine public qui s’exporte le mieux depuis des décennies. Le Boléro est ainsi resté en tête du classement mondial des droits SACEM jusqu’en 1993 [51], suivi de près par l’orchestration des Tableaux d’une exposition de Moussorgski. En 1994 et 1995, sur les dix œuvres de la SACEM les plus exportées, cinq étaient de Ravel [52] : le Boléro, les Tableaux d’une exposition, Daphnis et Chloé, le Concerto en sol et Ma mère l’Oye. En 2005 [53], le Boléro pointait encore à la cinquième place.

Références, notes et citations 

  • 2 Source : Marnat M, Maurice Ravel, Fayard, 1986, pp. 19-22.
  • 3 Source : Jankélévitch V, Ravel, Seuil, 1995, p. 127.
  • 4 Note : la courte Esquisse autobiographique de Maurice Ravel, dictée par le musicien à son élève et ami Roland-Manuel en oct. 1928, a paru pour la première fois dans la Revue musicale de déc. 1938. Elle est reprise intégralement dans les ouvrages d’Arbie Orenstein (Lettres, écrits et entretiens, Flammarion, 1989, pp. 43-47) et Vladimir Jankélévitch (Ravel, Seuil, 1995, pp. 197-204).
  • 5 Citation : « Mon maître préféré ? En ai-je un ?... En tout cas, j’estime que Mozart demeure au plus parfait de tous. (...) Il n’était que musique. » — Ravel cité par Nino Franck dans le journal Candide, mai 1932.
  • 6 Source : rapport scolaire de Fauré sur Ravel, juin 1900.
  • 7 Citation : « J’en perçois fort bien les défauts : l’influence de Chabrier, trop flagrante, et la forme assez pauvre. L’interprétation remarquable de cette œuvre incomplète et sans audace a contribué beaucoup, je pense, à son succès » — Ravel cité dans la revue musicale de la S.I.M., fév. 1912, in : Orenstein A, Lettres, écrits et entretiens, Flammarion, 1989, p. 295.
  • 8 Source : Institut de France.
  • 9 Citation : « Monsieur Ravel peut bien nous considérer comme des pompiers, il ne nous prendra pas impunément pour des imbéciles » — Un membre de la section musicale de l’Institut apprenant la candidature de Ravel en 1905, In: Jankélévitch V, Ravel, Seuil, 1995, p. 183.
  • 10 Citation : « Ravel n’est pas seulement un élève qui donne des promesses; il est dès à présent un des jeunes maîtres les plus en vue de notre école, qui n’en compte pas beaucoup. (...) Un tel musicien fait honneur au concours. (...) C’est le devoir de chacun de protester contre un jugement qui, même s’il est conforme à la justice littérale, blesse la justice réelle de l’art » — Lettre de Romain Rolland à Paul Léon, directeur de l’Académie des Beaux-Arts, mai 1905. In: Marnat M, Maurice Ravel, Fayard, 1986, p. 162.
  • 11 Citation : « J’ai trouvé plus debussyste que Debussy : Ravel » — Romain Rolland, 1901.
  • 12 Note : Cipa et Ida Godebski, Polonais installés à Paris, comptèrent parmi les plus fidèles amis de Ravel. Il dédia Ma mère l’Oye à leurs deux enfants Jean et Mimie, et plus tard La Valse à Misia Sert, sœur de Cipa.
  • 13 Citation : « Le soir du Sacre, j’avais vu un Ravel coléreux, insolent, cramoisi, défendant l’œuvre qu’il aimait avec une indignation tonitruante » — Valentine Hugo, In: Marnat M, Maurice Ravel, Fayard, 1986, p. 363.
  • 14 Source : Marnat M, Maurice Ravel, Fayard, 1986, p. 407.
  • 15 Citation : « Trente millions de boches ne peuvent pas détruire la pensée française » proclamait Debussy en signant sa Sonate pour violon et piano, In: cite-musique.fr
  • 16 Source : lettre de Ravel au Comité de la Ligue nationale pour la défense de la musique française, In: Orenstein A, Maurice Ravel : Lettres, écrits et entretiens, Flammarion, 1989, p. 157
  • 17 Source : Marnat M, Maurice Ravel, Fayard, 1986, p. 420-21.
  • 18 Citation : « Je songe qu’il y aura bientôt trois ans qu’elle est partie (...) J’y songe encore plus depuis que je me suis remis au travail, que je n’ai plus cette chère présence silencieuse m’enveloppant de sa tendresse infinie, ce qui était, je le vois plus que jamais, ma seule raison de vivre. » — Lettre à Ida Godebska, déc. 1919, In: Orenstein, Lettres, écrits et entretiens, Flammarion, 1989, lettre 163.
  • 19 Image : Dessin de Ravel pour la couverture de la partition de son Tombeau de Couperin, 1917. 
  • 21 Note : le refus fit scandale à l’époque. Hélène Jourdan-Morhange rapporta que « les distinctions honorifiques lui paraissaient vaines autant que les paroles creuses des discours » (Ravel et nous, Genève, 1945). Ravel accepta pourtant d’être fait Chevalier de l’Ordre de Léopold, à Bruxelles en mars 1926 et fut décoré plusieurs fois dans d’autres pays.
  • 22 Source : cité dans le journal Le Coq, mai 1920.
  • 23 Note : Diaghilev accueillit l’œuvre avec réserve, arguant que ce n’était pas un ballet, mais « la peinture d’un ballet ». Stravinski ne dit pas un mot pour défendre son ami, ce que Ravel ne lui pardonna jamais. Scène rapportée par Francis Poulenc dans Moi et mes amis, Paris, 1963.
  • 24 Source : Les musées des Yvelines – Le Belvédère de Maurice Ravel à Montfort-l’Amaury.
  • 25 Citation : « Nous ne sommes pas faits pour nous marier, nous autres artistes. Nous sommes rarement normaux, et notre vie l’est encore moins. » — Lettre à H. Casella, jan. 1919, In: Orenstein A, Lettres, écrits et entretiens, 1989, lettre 150
  • 26 Note : Dans un entretien accordé à France Culture en 1985, Manuel Rosenthal rapporta toutefois que Ravel fréquentait des prostituées à l'occasion, In: Marnat M, Maurice ravel, Fayard, 1986, p. 464
  • 27 Source : Forum Opéra
  • 28 Note : au total, 25 villes visitées à travers tout le continent. « Il se laissa fasciner par le dynamisme de la vie américaine, ses immenses villes, ses gratte-ciel (...) et fut impressionné par le jazz, les negro spirituals et l’excellence des orchestres américains ». Orenstein A, Lettres, écrits et entretiens, Flammarion, 1989, p. 24.
  • 29 Note : lors d’un programme qui lui était entièrement consacré au Carnegie Hall à New York, sous la direction de Serge Koussevitzky, il reçut une ovation de dix minutes lorsqu’il entra prendre sa place. Profondément ému, il confia à Alexandre Tansman : « Vous savez, jamais une chose pareille ne pourrait arriver à Paris. » In: Marnat M, Maurice Ravel, Fayard, 1986, p. 604.
  • 30 Note : un grand discours de Ravel sur la musique contemporaine, prononcé à Houston le 6 avril 1928, a été reproduit d’après sténographie directe dans les ouvrages de Marcel Marnat (Maurice Ravel, Fayard, 1986, pp. 612-22) et Arbie Orenstein (Lettres, écrits et entretiens, Flammarion, 1989, pp. 48-57).
  • 31 Source : Jankélévitch V, Ravel, 1995, p. 193.
  • 32 Source : bisbigliando.com
  • 33 Source: Entretien accordé par Maurice Ravel au London’s Daily Telegraph, 1931, repris dans Ravel 1989, p. 365
  • 34 Source : Marnat M, Maurice Ravel, Fayard, 1986, p. 634.
  • 35 Image : Ravel docteur en musique honoris causa à Oxford, oct. 1928
  • 36 Image : Inauguration du quai Maurice-Ravel à Ciboure en présence des pelotari, août 1930. 
  • 38 Citation : « Il a suffi de ce stupide accident pour m’anéantir pendant trois mois. Ce n’est que depuis quelques jours que j’ai pu me remettre au travail, et assez difficilement. » — Lettre à Alfred Perrin, fev. 1933, In: Orenstein A, Lettres, écrits et entretiens, 1989, lettre 328.
  • 39 Source : (en) The exceptional brain of Maurice Ravel, A Otte, P De Bondt1, C Van de Wiele1, K Audenaert, Med Sci Monit, 2003; 9(6): RA154-159.
  • 40 Note : l’opération fut réalisée par le professeur Clovis Vincent, alors plus grand neurochirurgien français. Ravel se réveilla un court moment après l’intervention, puis plongea définitivement dans le coma.
  • 41 Source : Jankélévitch V, Ravel, Seuil, 1995, p. 7-8.
  • 42 Citation : « Si vous me demandez si nous avons une école impressionniste en musique, je dois dire que je n'ai jamais associé ce terme à la musique. La peinture, ah, ça, c'est autre chose ! Monet et son école étaient impressionnistes. Mais dans l'art sœur, il n'y a pas d'équivalent à cela. » — Extrait d'un entretien accordé au Musical Digest, mars 1928, In: Orenstein A, Maurice Ravel : Lettres, écrits et entretiens, Flammarion, 1989, p. 327
  • 43 Source : cité par Calvocoressi dans Galerie de Musiciens, Londres, Faber, 1933.
  • 44 Source : Orenstein A, Maurice Ravel : Lettres, écrits et entretiens, Flammarion, 1989, p. 39. 
  • 46 Citation : « À maintes reprises, il s’épuisa à essayer d’accéder au niveau de virtuosité indispensable. Les longues heures passées à briser ses doigts sur les Études de Chopin et de Liszt le fatiguèrent beaucoup et privèrent le génial compositeur d’autant de moments d’inspiration fructueuse. » — Marguerite Long, Au piano avec Maurice Ravel, Éd. Billaudot, 1971.
  • 47 Image: pianoparadise.com – Ravel devant son piano à Montfort-l'Amaury vers 1930
  • 48Note : un Concerto en sol daté de 1932 publié sous son nom était en fait dirigé par Pedro de Freitas Branco
  • 49 Source : Université du Québec
  • 50 Source : Portail Sacem.
  • 51 Source : Sacem – Palmarès 1993
  • 52 Source : Sacem – Palmarès 1994
  • 53 Source : Sacem - Palmarès 2005 
Le Boléro   

Le Boléro de Maurice Ravel est une musique de ballet pour orchestre en do majeur composée en 1928. Mouvement de danse au rythme et au tempo invariables, à la mélodie uniforme et répétitive, le Boléro de Ravel tire ses seuls éléments de variation des effets d'orchestration, d'un crescendo progressif et in extremis d'une courte modulation en mi majeur. Cette œuvre singulière, que Ravel disait considérer comme une simple étude d'orchestration, a fait l'objet dès sa création d'une très large diffusion jusqu'à devenir, de nos jours encore, une des œuvres musicales les plus jouées dans le monde. 

Sommaire
  • 1 Histoire
    • 1.1 Conception
    • 1.2 Premières auditions
    • 1.3 Ravel et son œuvre
  • 2 Musique
    • 2.1 Le rythme
    • 2.2 Le tempo
    • 2.3 La mélodie
    • 2.4 La ritournelle
(précédente)   (suivante)
Publicité

Publié dans Compositeurs Français

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