Johan Sebastian Bach et Toccata et Fugue en ré mineur BWV 565

Publié le par Un Compositeur, Une Oeuvre

Johann Sebastian Bach 

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Johann Sebastian Bach (1685-1750), parfois écrit en français Jean-Sébastien Bach, est un compositeur et organiste allemand.

Compositeur de l'époque baroque dont il symbolise et personnifie l'apogée, il eut une influence majeure et durable dans le développement de la musique occidentale ; les plus grands compositeurs, tels que Mozart et Beethoven, reconnurent en lui un maître insurpassable.

Son œuvre est remarquable en tous points : par sa rigueur et sa richesse harmonique, mélodique ou contrapuntique, sa perfection formelle, sa maîtrise technique, sa pédagogie, la hauteur de son inspiration et le nombre de ses compositions. Elle échappe à la gradation traditionnelle avec la formation, la période de maturité puis le déclin : la qualité des œuvres de jeunesse égale celle des compositions plus tardives. Il n'est pas exceptionnel de le considérer comme le plus grand compositeur de tous les temps.

Sommaire

  • 1 Biographie
    • 1.1 Eisenach
    • 1.2 Ohrdruf
    • 1.3 Lüneburg
    • 1.4 Arnstadt
    • 1.5 Mühlhausen
    • 1.6 Weimar
    • 1.7 Köthen
    • 1.8 Leipzig
  • 2 Les enfants de Johann Sebastian Bach
  • 3 L'héritage musical
  • 4 Citations
  • 5 Pensées sur Bach ...
  • 6 Compositions remarquables

  Biographie

Einsenach

Johann Sebastian Bach naît le 21 mars 1685 dans une famille de musiciens (dont il est le huitième enfant) exerçant depuis plusieurs générations comme musiciens de cour, de ville ou d'église dans la région de Thuringe (Allemagne). Il se situe à la cinquième génération depuis le premier ancêtre connu, un certain Veit Bach qui serait venu au XVIe siècle de Hongrie, meunier et musicien amateur. À sa naissance, les Bach qui pratiquent la musique sont plusieurs dizaines ; il s'agit de la plus importante famille de musiciens connue dans toute l'histoire de la musique occidentale.

La date du 21 mars est celle du calendrier julien alors en usage à Eisenach, la date selon le calendrier grégorien serait le 31 mars (c'est la date grégorienne qui est retenue pour son décès à Leipzig). Il est le dernier des huit enfants de Johann Ambrosius Bach (1645-1695), musicien de ville et trompettiste de cour, et de son épouse Elisabeth née Lämmerhirt. Il est baptisé dans la confession luthérienne dès le 23 mars à l'église Saint-Georges (Georgenkirche).

Son enfance se passe à Eisenach ; il reçoit sa première éducation musicale de son père, violoniste de talent. Il est aussi initié à la musique religieuse et à l'orgue par un cousin de son père, Johann Christoph Bach qui est l'organiste de l'église Saint Georges. Il fréquente, à partir de ses huit ans, l'école de latin des dominicains d'Eisenach.

Ohrdruf

Sa mère meurt le 3 mai 1694. Le 27 novembre suivant, son père se remarie avec une veuve, Barbara Margaretha Bartholomäi née Keul, mais il décède quelques semaines plus tard, le 20 février 1695. À l'âge de dix ans, ayant ainsi perdu sa mère puis son père, il est recueilli par son frère aîné qui en a vingt-quatre, Johann Christoph, élève de Johann Pachelbel et organiste à Ohrdruf. Dans cette ville, Johann Sebastian fréquente le lycée, acquérant une culture plus approfondie que ses aïeux ; il y a pour camarades de classe l'un de ses cousins, Johann Ernst Bach et un ami fidèle, Georg Erdmann. Johann Christoph poursuit son éducation musicale et le forme aux instruments à clavier. Johann Sebastian se montre très doué pour la musique (possédant de plus l'oreille absolue) et participe aux revenus de la famille en tant que choriste. Il aime à recopier et étudier les œuvres des compositeurs auxquelles il peut accéder, parfois même contre la volonté de son aîné. La passion d'apprendre restera un de ses traits de caractère et en fera un connaisseur érudit de toutes les cultures musicales européennes.

Lüneburg

Le 19 janvier 1700, Georg Erdmann quitte Ohrdruf pour Lunebourg ; Johann Sebastian Bach le rejoint, à pied (plus de 300 km), dès le 15 mars suivant : le désir de retrouver son ami et d'alléger la charge de son entretien par l'aîné, qui est marié et père de famille, le décident probablement à ce changement décisif. Il est admis, avec son ami, dans la manécanterie de la Michaelisschule qui accueille les jeunes garçons pauvres ayant une belle voix.

Outre la musique, il y apprend la rhétorique, le latin, le grec et le français. Il fait la connaissance de Georg Böhm, musicien de la Johanniskirche et élève du grand organiste de Hambourg Johann Adam Reinken ; Böhm l'initie au style musical de l'Allemagne du nord. Il côtoie aussi à Lunebourg ou à la cour ducale de Cella des musiciens français émigrés, notamment Thomas de la Selle, élève de Lully : c'est l'approche d'une autre tradition musicale ; il recopie intégralement l'œuvre d'orgue de Nicolas de Grigny, et entame peut-être une correspondance avec François Couperin. Après la mue de sa voix, il se tourne vers la pratique instrumentale (orgue, clavecin, violon). Il peut fréquenter la bibliothèque municipale de Lunebourg et les archives de la Johanniskirche qui recèlent de nombreuses partitions des plus grands musiciens de l'époque. En 1701, il se rend à Hambourg et y rencontre Johann Adam Reinken et Vincent Lübeck, deux grands virtuoses titulaires des plus belles orgues de l'Allemagne du nord.

Arnstadt

En janvier 1703, fraichement diplômé, Bach prend un poste de musicien de cour dans la chapelle du duc Johann Ernst de Weimar, grande ville dans Thuringe. Son rôle y est peu clair, mais semble avoir inclus des fonctions serviles et non-musicales. Toujours est-il que, durant sa tenure de sept mois chez Weimar, il se forge une solide réputation d'organiste. Il est invité à inspecter et inaugurer le nouvel orgue de l'église de Saint Boniface d'Arnstadt, au sud-ouest de Weimar. En août 1703, il accepte le poste d'organiste de cette église, qui lui assure des fonctions légères, un salaire relativement généreux, et l'accès à un orgue neuf et moderne. La famille de Bach avait toujours entretenu des relations étroites dans cette ville, la plus ancienne de Thuringe.

Mais cette periode n'est pas sans tensions : il était apparemment dissatisfait du chœur ; il désire sans doute s'éloigner de l'influence familiale ; de plus, son absence non autorisée d'Arnstadt pendant plusieurs mois en 1705-06, lui est reprochée : il avait rendu visite à Buxtehude et son Abendmusik dans la ville de Lübeck, marchant 400 kilomètres pour s'y rendre. La durée de sa visite suggère qu'il devait accorder une grande valeur à ses contacts avec le vieil homme, et que celui-ci dut avoir une grande influence sur son art. C'est à cette époque que Bach achève d'élaborer son art du contrepoint et sa maitrise des constructions monumentales. 

Mühlhausen

De 1707 à 1708, il est organiste à Mühlhausen. Il y écrit sa première cantate, prélude à une œuvre liturgique monumentale à laquelle se rajoutera l'œuvre pour orgue, témoins les plus révélateurs de son génie, et de la profondeur de son inspiration. Il composera sa vie durant des cantates pour cinq années complètes de cycle liturgique, soit plus de trois cents. Plusieurs dizaines de ses compositions sont perdues, dont une grande partie date de cette période.

Mühlhausen est alors une petite ville de Thuringe, récemment dévastée par le feu et Bach peine a trouver à se loger à un prix convenable. Le 17 octobre 1707 il épouse, à Dornheim près d'Arnstadt, sa cousine Maria Barbara dont il admirait le timbre de soprano. Il doit se battre pour constituer une dot convenable et pour donner à sa femme une place dans les représentations (les femmes n'étant pas admises à la tribune d'honneur jusqu'au XIXe siècle). Ils auront sept enfants dont quatre atteindront l'âge adulte parmi lesquels Wilhelm Friedemann et Carl Philipp Emanuel.

Bach se met vite au travail pour organiser une vie musicale ; il rassemble une bibliothèque de musique allemande, il fait travailler le choeur et le nouvel orchestre et recolte les fruits de son travail lorsque la cantate BWV 71 (clairement inspirée de Buxtehude) écrite pour l'inauguration du nouveau conseil, en 1708, est donnée dans la Marienkirche.

Le gouvernement de Mühlhausen était tout à fait satisfait du musicien: il ne fit aucune difficulté lorsqu'il s'agit de rénover à grand frais l'orgue de l'église St Blasius et lui confie la supervision des travaux ; il édita à ses frais la cantate BWV 71 ; et par deux fois il réinvita le compositeur pour la diriger.

Cependant, un controverse nait au sein de la ville : les luthériens orthodoxes, amoureux de musique, s'opposent aux piétistes, plus puritains et qui s'opposent aux arts. Bach, dont le supérieur direct est un piétiste, sent que la situation ira en se dégradant, et accepte une meilleure position à Weimar. De 1708 à 1717, organiste et premier violon solo à la chapelle du duc de Weimar, il disposait de l'orgue mais aussi de l'ensemble instrumental et vocal du duc. Cette période vit la création de la plupart de ses œuvres pour orgue (dont la plus connue, la célèbre Toccata et Fugue en ré mineur BWV 565) de ses cantates, de ses pièces pour clavecin inspirées des grands maîtres italiens et français.

Weimar

 

Bach avait atteint la compétence technique et la confiance pour construire des structures de grande échelle, et synthétiser les influences de l'étranger, italiennes ou francaises. De la musique des Italiens tels que Vivaldi, Corelli et Torelli, il a appris l'écriture d'ouvertures dramatiques et en a adopté les developpements ensoleillés, les motifs rythmiques dynamiques et les arrangements harmoniques décisifs. Bach a adopté ces aspects stylistiques selon sa méthode habituelle de travail : la transcription pour le clavecin et l'orgue, des concertos de Vivaldi en l'occurrence.

Il est en particulier attiré par la structure italienne de solo-tutti, dans laquelle un ou plusieurs instruments solos alternent avec l'orchestre dans tout un mouvement. Ces dispositifs d'Italianate peuvent être entendus dans la suite anglaise No. 3 pour le clavecin (1714) : l'alternance de solo-tutti se matérialise par le passage du clavier inférieur (sonorité plus pleine) et le clavier supérieur (sonorité plus expressive).

Mais il voulait quitter cette ville où il s'ennuyait. le Duc de Weimar apprit la nouvelle et l'emprisonna. Il fallut que le prince Léopold d'Anhalt-Coethen, beau-frère du Duc, vienne le libérer pour le nommer musicien de chapelle à sa cour de Coethen.

Köthen

De 1717 à 1723, il est maître de chapelle (Kapellmeister) à la cour du prince Léopold d'Anhalt-Cöthen, beau-frère du duc de Weimar.

Le prince, calviniste, est brillant musicien (il joue avec talent du clavecin, du violon et de la viole de gambe). Son Grand Tour de (1710-1713) le met en contact avec la musique profane italienne et le convainc de la nécessité de développer la musique profane allemande — d'autant que ses convictions religieuses lui interdisent la musique d'église. Une opportunité se présente à lui : Frédéric-Guillaume Ier de Prusse qui vient d'accéder au pouvoir ne montre aucun intérêt pour les arts (il licencia les artistes de la Cour et les dépenses baissèrent de 80% en une année) ; le prince Leopold peut attirer des musiciens de la cour Berlin vers celle de Cöthen, qui dispose rapidement de 18 instrumentistes d'excellent niveau. La musique engloutit dès lors une part importante du budget limité de la cour de Anhalt-Cöthen qui devient un important centre musical.

L'ambiance y est informelle — le prince joue avec ses musiciens et les traite comme ses égaux — et offre à Bach tout le confort pécuniaire et amical désiré — le prince Léopold est d'ailleurs le parrain de Leopold Augustus Bach, le dernier enfant de Maria Barbara.

Cette période heureuse de la maturité est propice à l'écriture de ses plus grandes œuvres instrumentales pour luth, flûte, violon (Sonates et partitas pour violon solo), clavecin (premier livre du « Clavier Bien Temperé »), violoncelle (Suites pour violoncelle seul), et les Six concertos brandebourgeois.

Mais un évènement va faire basculer la vie de Bach : la mort de sa femme Maria Barbara. Il en est d'autant plus bouleversé qu'il n'apprend la mort et l'enterrement de Maria Barbara qu'à son retour de Dresde. Cet évènement le marque si profondément qu'il attend un an et demi avant de se remarier avec Anna Magdalena, fille d'un grand musicien et choriste de la cour de Coethen.

Il songe ainsi à quitter cet endroit empli de souvenirs d'autant qu'il ne pouvait composer de musique sacrée dans une cour calviniste, ce qui lui manquait énormément. De plus la deuxième femme du Duc, épousée en 1721, semble être "eine amusa", c’est-à-dire peu sensible aux arts en général, et en détourne son mari.

Bach cherche un poste : il rassemble un recueil de ses meilleures œuvres concertantes (les Six concertos brandebourgeois) et les envoie au margrave de brandebourg qui lui avait marqué un certain intérêt deux ans auparavant ; Leipzig, où le poste de Cantor est vacant, lui permet une plus grande renommée en Saint Empire mais aussi en Pologne et en France (le duc de Saxe est roi de Pologne et a fréquenté la cour de Versailles avec laquelle il garde de bonnes relations). Il y obtient le poste de Cantor (qui est pourtant d'un rang inférieur à celui de Kapellmeister qu'il occupait auprès du prince) et compose la Passion selon Saint Jean, première œuvre à venir, avec ardeur à Cöthen.

Leipzig 

De 1723 à 1750, soit plus de vingt-cinq ans à Leipzig, Bach succède à Johann Kuhnau, comme cantor de l'église luthérienne saint Thomas. Le poste ayant été précédemment refusé par le grand Georg Philipp Telemann, le conseiller doit proposer le poste à des compositeurs de "second rang" : Christoph Graupner décline (son précédent employeur, Le landgrave Ernst Ludwig de Hesse-Darmstadt, refuse de lui rendre sa liberté et augmente ses émoluments), et Bach est choisi le 22 avril 1723.

Il s'y installe avec sa deuxième femme Anna Magdalena qu'il a épousée à Coethen. Il enseigne la musique, le catéchisme et le latin dans les deux écoles ecclésiastiques de la ville : St Thomas pour les "pauvres" et St Nicolas pour les "riches", mais doit aussi fournir de très nombreuses partitions pour les églises, une cantate pour chaque dimanche et jour de fête. Il n'y a qu'une seule répétition pour les Cantates, mais le Cantor bénéficie de solistes instrumentaux brillants (les trompettistes) ou d'excellent niveau, solistes de passage et étudiants du Collegium Musicum. Les chœurs, dont on ne connait pas l'effectif exact, sont apparemment capables de chanter des parties difficiles. Bach se heurte souvent à la jalousie de ses confrères qui forcent notamment les élèves à boycotter ses leçons de musique.

Il mène une vie riche en connaissances, constituant une bibliothèque spécialisée en bibliologie, théologie et mystique. Sa femme l'aide beaucoup dans sa fonction de Cantor en recopiant toutes ses partitions. Sa fonction de Director Musices lui permet d'assister à des réunions musicales organisées au Café Zimmermann pour des bourgeois amateurs de musique et de participer aux débats à l'Université. Il ne manque pas une occasion d'aller à l'opéra de Dresde où son fils est organiste. C'est à Leipzig qu'il compose la majorité de ses œuvres sacrées. Il écrit plus de 200 cantates à ce poste, dont 126 nous sont parvenues.

À Leipzig, il écrit également les chefs-d'œuvre que sont la Klavier-Uebung, le 2e livre du Clavier bien tempéré, l'Offrande Musicale, l'Art de la Fugue, laissé légèrement inachevé, un colossal corpus pour orgue, mais également 4 Passions (dont une à deux chœurs, la célèbre Matthäus-Passion), un Magnificat, 3 oratorios, et son Testament musical, écrit de 1723 à 1749: la Grande Messe en si mineur.

Les enfant de JS Bach

Bach eut vingt enfants de ses deux mariages successifs. De sa première épouse, sa cousine, Maria Barbara Bach (1684-1720), il eut sept enfants : Catharina Dorothea (baptisée à Weimar le 29 décembre 1708 - morte à Leipzig le 14 janvier 1774), Wilhelm Friedemann (né à Weimar le 22 novembre 1710 - mort à Berlin le 1er juillet 1784), Maria Sophia et Johann Cristoph jumeaux nés et morts à Weimar le 23 février 1713, Carl Philipp Emanuel, plus connu sous les initiales de CPE (né à Weimar le 8 mars 1714 - mort à Hambourg le 14 décembre 1788), Johann Gottfried Bernhard (né à Weimar le 11 mai 1715 - mort à Iéna le 27 mai 1739), Léopold Augustus (né à Köthen le 15 novembre 1718 - enterré à Köthen le 28 septembre 1719).

Puis il épouse en secondes noces, une chanteuse de cour, fille cadette d'un trompettiste, Anna Magdalena Wilcke dont il eut treize enfants : Christiana Sophia Henrietta (née à Leipzig au printemps 1723 - morte à Leipzig le 29 juin 1726), Gottfried Heinrich (né à Leipzig le 26 février 1724 - enterré à Naumburg le 12 février 1763), Christian Gottlieb (baptisé à Leipzig le 14 avril 1725 - mort à Leipzig le 21 septembre 1728), Elisabetha Juliana Friederica (baptisée à Leipzig le 5 avril 1726 - morte à Leipzig le 24 août 1781), Ernestus Andreas (baptisé à Leipzig le 30 octobre 1727 - mort à Leipzig le 1er novembre 1727), Regina Johanne (baptisée à Leipzig le 10 octobre 1728 - morte à Leipzig le 25 avril 1733), Christiania Benedicta Louisa (baptisée à Leipzig le 1er janvier 1730 - morte à Leipzig le 4 janvier 1730); Christiania Dorothea (baptisée à Leipzig le 18 mars 1731 - morte à Leipzig le 31 août 1732); Johann Christoph Friedrich (né à Leipzig le 21 juin 1732 - mort à Bückeburg le 26 janvier 1795), Johann August Abraham (baptisé à Leipzig le 5 novembre 1733 - mort à Leipzig le 6 novembre 1733), Johann Christian (né à Leipzig le 5 septembre 1735 - mort à Londres le 1er janvier 1782), Johanna Carolina (baptisée à Leipzig le 30 octobre 1737 - morte à Leipzig le 18 août 1781), Regina Susanna (baptisée à Leipzig le 22 février 1742 - morte à Leipzig le 14 décembre1809).

L'héritage musical

Avec Johann Sebastian, la musique baroque atteint à la fois son apogée et son aboutissement. Dès sa disparition, le musicien génial est quasiment oublié parce que passé de mode, comme le contrepoint qu'il a porté à une perfection inégalée.

Les fils qu'il a formés Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel, Johann Christoph Friedrich, Johann Christian vont suivre des chemins différents que Bach avait déjà devinés en disant « Carl Philipp Emmanuel est comme le bleu de Prusse, il sera connu mais s'évaporera vite. Seul Wilhelm Friedeman réussira à percer durablement même s'il mettra du temps avant de réussir ». Se basant sur l'excellente éducation musicale inculquée par leur père, les quatre fils se lanceront vite sur la voie du courant pré-classique qui prend alors le pas sur le Baroque.

Wolfgang Amadeus Mozart lui-même ne faisait pas exception, jusqu'à ce jour de 1782 (Mozart a alors 26 ans) où le baron Van Swieten, un passionné de musique baroque qui possédait une bibliothèque musicale très riche, lui fit découvrir avec enthousiasme une partie de l'œuvre de Bach et les Oratorios de Haendel.

Ce fut un cas assez exceptionnel de rencontre entre deux génies, l'un ayant nombre de secrets à apprendre de l'autre. Pour Mozart, qui était alors le plus grand compositeur vivant, et qui se trouva brutalement confronté, non à un confrère réputé, mais à un maître écrasant, le choc fut rude. Il réussit à assimiler cet immense héritage, son écriture en fut changée, et les connaissances acquises se retrouvent dans son œuvre. On pense notamment au Requiem, à la symphonie « Jupiter », dont le quatrième mouvement est une combinaison de forme sonate et de fugue à cinq voix écrite en contrepoint renversable, à certains passages de La Flûte enchantée, etc.

Ludwig van Beethoven connaissait très bien l'œuvre pour clavecin de Bach et, jeune, il en jouait une grande partie par cœur. Il a pris exemple sur les Variations Goldberg pour composer ses Variations pour piano. Vers la fin de sa vie, Beethoven étudia aussi la grande Messe en si mineur du Cantor de Leipzig. Ainsi, Beethoven s'inspirera de l'art du contrepoint de Bach pour composer sa Missa Solemnis, œuvre dont il parlait comme étant « sa plus grande ».

Ce n'est qu'en 1829 que Mendelssohn, l'un des successeurs de Bach à Saint Thomas de Leipzig, fit rejouer la Passion selon Saint Matthieu à l'Église Saint Thomas. Il permit ainsi de redécouvrir, au XIXe siècle, le génie du compositeur oublié. Les romantiques, d'abord allemands, ont alors repris cet héritage, en l'adaptant aux goûts du XIXe siècle, et particulièrement Brahms à Vienne. Même le "Tristan et Isolde" de Wagner, où l'étude attentive de "L'Art de la Fugue" transparait (notamment dans le "Prélude"), montre l'influence de Bach. Schoenberg voit même en Bach un précurseur de ses théories, et même si l'on peut contester cette allégation, le novateur viennois a écrit sur Bach de passionnantes pages dans ses innombrables essais.

Depuis, son œuvre, insensible à l'évolution des goûts, reste la référence incontournable et inégalée de l'ensemble de la musique occidentale. Il semble même que l'enthousiasme gagne l'Asie, et particulièrement le Japon. Dans les années 1930 à Leipzig, une nouvelle approche de la lecture des œuvres de Bach va être initiée par Karl Straube avec des effectifs instrumentaux et choraux moins imposants que ceux des interprétations du XIXe siècle ; Straube va aussi jouer les œuvres dites théoriques comme L'art de la fugue (avec orchestre toutefois). L'aboutissement de ce « renouveau baroque » se retrouvera à partir des années 1950, avec des interprètes tels que Gustav Leonhardt et ses nombreux disciples, ou Nikolaus Harnoncourt. Gustav Leonhardt et Nikolaus Harnoncourt seront les premiers à enregistrer l'intégrale des cantates. On se doit également de citer John Eliot Gardiner, qui est depuis les années 70 à la tête du Monteverdi Choir et des English Baroque Soloists qu'il a créés. Il a réalisé en 2000 à l'occasion du 250e anniversaire de la mort de Bach une première mondiale : l'interprétation en concerts à travers le monde de l'intégralité des cantates sacrées (plus de 200 subsistent) au cours de l'année. Un des personnages les plus importants actuellement est bien sûr aussi Philippe Herreweghe, qui dirige l'orchestre de La Chapelle Royale et le Collegium Vocale à Gand. Harnoncourt, Leonhardt, Gardiner et Herreweghe sont parmi les chefs les plus appréciés pour la musique du Cantor de Leipzig, tant par la précision et la virtuosité technique que par richesse de l'interprétation et leur expressivité.

Glenn Gould révélera également tout le génie de Bach en mettant l'accent sur la sensibilité, ainsi que sur la rythmique, grâce à ses interprétations au piano. Glenn Gould arrivera à l'apogée de son alchimie musicale dans le deuxième enregistrement des Variations Goldberg en 1981.

Cette musique, même, revisitée (Jacques Loussier ou Wendy Carlos), transposée, voire utilisée comme standard de jazz, garde ses propriétés esthétiques, comme si la richesse de sa structure rendait le reste accessoire.

Marcel Dupré jouait l'œuvre intégrale de Bach pour orgue par cœur, de même que Helmut Walcha, le grand organiste allemand qui, aveugle dès son adolescence, l'apprit par une écoute attentive.

Citations

  • «Le but de la musique devrait n’être que la gloire de Dieu et le délassement des âmes. Si l’on ne tient pas compte de cela, il ne s’agit plus de musique mais de nasillements et beuglements diaboliques.»
  • «La musique : une harmonie agréable célébrant Dieu et les plaisirs permis de l’âme.»
  • «J'ai beaucoup travaillé. Quiconque travaillera comme moi pourra faire ce que j'ai fait.»

Pensées sur Bach ...

  • « Devant celui-là, tous les autres ne sont que des enfants », Robert Schumann 
  • « Sans Bach, la théologie serait dépourvue d'objet, la Création fictive, et le néant péremptoire », « S'il y a quelqu'un qui doit tout à Bach, c'est bien Dieu », Émil Michel Cioran, Syllogismes de l'amertume, Gallimard 
  • « La musique, chez Bach, tend à devenir un être vivant, palpitant et sensible », Pierre Vidal
  • « Il y a d'abord Bach … et puis tous les autres. » Pablo Casals
  • « Malgré tout mon amour pour beaucoup d'autres – et Beethoven et Mozart ne sont pas les moindres – je ne peux qu'être d'accord avec Casals : Bach les domine tous. » Paul Tortelier
  • « Une seule goutte de Bach vaut une citerne d’autre musique  » Mstislav Rostropovitch
  • « En tout art, de hauts génies dominent sur les autres, et semblent l'emporter sur toute beauté rivale: ainsi Shakespeare et Racine, Aristophane et Virgile, Goethe et Stendhal, Rembrandt ou Goya. Mais Bach me donne l'idée qu'il est plus grand, plus puissant, plus beau, plus étendu en musique, plus musical enfin qu'aucun autre artiste souverain dans son art propre. Et même la vertu de Bach est telle qu'il domine sur tous les artistes, en quelque art que ce soit, et non pas seulement dans le sien. » André Suarès, Pages
  • Beethoven, jouant avec le nom de Jean Sébastien Bach (Bach signifie ruisseau en allemand) estimait que Meer (la mer ou l'océan) aurait mieux convenu à la majesté et à l'ampleur de son génie : Bach sollte nicht Bach, sondern Meer heißen
  • le poète Goethe a pu écrire à propos de l'œuvre de Bach : « Entretiens de Dieu avec lui-même, juste avant la Création » 

Compositions remarquables

  • L'Art de la fugue, BWV 1080;
  • Cantates BWV 4, BWV 9, BWV 21, BWV 78, BWV 106, BWV 140, BWV 136, BWV 198, BWV 146, BWV 177, BWV 127, BWV 35, BWV 51, BWV 56, BWV 82, BWV 201, BWV 205, BWV 208, BWV 211, BWV 212.
  • Passion selon Saint Jean, BWV 245 ;
  • Passion selon Saint Matthieu, BWV 244 ;
  • Messe en si mineur BWV 232 ;
  • Oratorio de Noël, BWV 248 ;
  • Magnificat, BWV 243 ;
  • Motets, BWV 225 à BWV 231 ;
  • Toccata et fugue en ré mineur pour orgue, BWV 565 et quelques autres couples de Prélude et Fugue ou Fantaisie et Fugue comme BWV 534, 538, 541, 542, 543, 544, 545, 546, 548,
  • Passacaille et fugue en do mineur BWV 582 ;
  • Les variations Goldberg, BWV 988 ;
  • Les six partitas pour clavecin, BWV 825 à BWV 830 ;
  • Inventions et symphonies, BWV 772 à BWV 801 ;
    • Inventions, BWV 772 
    • Symphonie, BWV 787
  • Les 6 suites anglaises, BWV 806-811"" ;
  • Les 6 suites françaises, BWV 812-817"" ;
  • Le clavier bien tempéré, BWV 846 à BWV 893 ;
    • Prélude I, BWV 846 
  • Fantaisie chromatique et fugue, BWV 903
  • Concerto italien, BWV 971
  • Sonates et partitas pour violon seul, BWV 1001 à BWV 1006 ;
  • Suites pour violoncelle seul, BWV 1007 à BWV 1012 [partitions]
  • Sonates pour flûte, BWV 1013, BWV 1020, BWV 1030 à BWV 1035 ;
  • Les six concertos brandebourgeois, BWV 1046 à BWV 1051 ;
  • Concertos pour violon, BWV 1041, BWV 1042, BWV 1043 ;
  • Concertos pour clavecin, BWV 1052 à BWV 1065 ;
  • Suites pour orchestre, BWV 1066 à BWV 1070 ;
  • L'Offrande musicale, BWV 1079 ; 
Toccata et fugue en ré mineur 

La toccata et fugue en ré mineur BWV 565 de Johann Sebastian Bach est l'œuvre pour orgue seul la plus connue à travers le monde. Cette dernière est datée entre 1703 et 1707. Il pourrait donc s'agir d'une œuvre de jeunesse du génie allemand.

Sommaire

  • 1 Un succès incontestable
  • 2 La toccata et fugue est-elle réellement une œuvre de Bach ?
    • 2.1 Doutes sur la paternité
    • 2.2 Certitudes sur la paternité

Ecouter la Toccata et Fugue en ré mineur

La trace d'autres compositeurs

L'inspiration d'une telle œuvre n'est pas si difficile à trouver. A ses débuts, Bach fut un très grand admirateur de Dietrich Buxtehude, au point de s'absenter plusieurs mois, alors qu'il travaillait pour la ville de Arnstadt, afin d'aller l'écouter à Lübeck. Les œuvres pour orgues de Buxtehude, comme la plupart des œuvres de cette époque, sont caractérisées par la présence du Stylus Fantasticus, un style dérivé de l'improvisation. Ce dernier comprend des passages héroïques, aux harmonies recherchées et aux changements soudain de rythme. Ces pièces débutent généralement par une partie où le compositeur fait preuve de beaucoup de liberté. Dans sa composition, la toccata de Bach utilise énormément le stylus Fantasticus.  

Une oeuvre test pour les orgues

Certains musicoloques avancent l'hypothèse que l'œuvre de Bach a été écrite afin de mettre à rude épreuve la mécanique des orgues ainsi que le son et la jouabilité de l'instrument. En effet, on a souvent affirmé qu'avant de jouer sur un instrument, Jean Sébastien Bach tirait tous les jeux de l'orgue afin d'en évaluer la puissance et la suffisance de vent produite par les soufflets. La toccata et fugue BWV 565 de Bach aurait été une œuvre permettant de tester les orgues: il n'y a qu'à écouter l'ampleur, la puissance, la magnificence des premières notes de l'œuvre pour comprendre. 

Un succès inconstestable

L'œuvre a un succès immense auprès des auditeurs. Pas seulement en raison du génie dont a fait preuve son compositeur, mais également à cause de ses nombreuses apparitions dans divers films ou bandes originales :

  • Fantasia, arrangement pour orchestre symphonique par Leopold Stokowski ;
  • 20 000 lieues sous les mers, un extrait de la toccata est jouée par le capitaine Nemo à l'orgue du Nautilus ;
  • Il était une fois... l'Homme, générique ;
  • Le Fantôme de l'Opéra (1962)...) ;
  • Rollerball, générique (1975 et remake de 2002)
  • Le Sens de la vie (1982) pour souligner avec humour le côté dramatique du match de rugby profs-élèves;
  • Aviator de Martin Scorcese, 2005.

Cette toccata et fugue n'est pas facile à jouer, pourtant, paradoxalement, elle est l'une des plus simples, comparée aux œuvres que Bach composera par la suite.

La Toccata et Fugue est-elle réellement une oeuvre de Bach

Doutes sur la paternité

Dans son livre « BWV 565, une œuvre de Bach ? », Peter Williams expose divers arguments remettant en cause la paternité de Bach sur la fameuse œuvre :

  • L'œuvre n'est pas signée ;
  • La personne détenant la plus ancienne version du manuscrit est l'élève d'un élève de Bach possédant une réputation douteuse qui aurait très bien pu faire passer l'œuvre comme étant celle de Bach ;
  • L'œuvre abonde de points d'orgue et autres articulations qui seraient peu caractéristiques de la musique que Bach a composée.
  • Il pourrait s'agir d'un concerto pour violon transcrit par Bach ou un de ses élèves, car la tessiture de l'oeuvre correspond parfaitement à celle du violon. Il en va de même du point de vue technique. 

Certitudes sur la paternité

Si quelques musicologues aiment se livrer à de savantes spéculations dont on pourrait imaginer à terme qu'elles finissent par douter de l'existence même de Bach, il n'en demeure pas moins qu'un très large consensus, porté par de grands organistes comme Lionel Rogg et Marie-Claire Alain, ne s'est jamais départi de l'idée que le BWV 565 est bien une œuvre originale de Jean Sébastien Bach. Certes, œuvre de jeunesse, elle est particulièrement empreinte des influences dont Bach aimait à s'imprégner. Mais les preuves ne manquent pas pour démontrer que l'œuvre la plus célèbre du Cantor est bien de lui :

  • Aucun compositeur contemporain de Bach ni aucun de ses élèves ou de ses enfants musiciens n'aurait été capable d'écrire un œuvre aussi solidement charpentée, avec une aussi longue fugue.
  • Contrairement à ce qu'affirme Peter Williams, de nombreux traits d'écriture sont caractéristiques de Bach et ne se retrouvent nulle part ailleurs chez d'autres compositeurs. On entend facilement des similitudes d'articulation avec la toccata en mi majeur BWV 566 et la toccata en do majeur BWV 564.
  • Trois toccatas commencent par la même formule de trois notes, un aller-retour descendant sur deux notes voisines : la-sol-la dans la BWV 565 ; ré-do♯-ré dans la BWV 538 ; fa-mi-fa dans la BWV 540.
  • Le petit labyrinthe contrapuntique allant des mesures 97 à 109 est indéniablement la signature de Bach et préfigure le génie du compositeur qui s'affirmera comme le maître incontesté de la fugue. Il faudra attendre le XXe siècle et un grand compositeur comme Marcel Dupré pour entendre à nouveau de vraies grandes fugues comparables. 
Toccata et Fugue (Orgue)
Toccata (Accordéon)
Fugue (Accordéon)
Toccata et Fugue (Orchestre)
Toccata et Fugue (Violon)
Toccata (modernisée pour Piano)
Toccata et Fugue (Instruments à vent)
Toccata et Fugue (Guitare)

Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-S%C3%A9bastien_Bach#L.27h.C3.A9ritage_musical

http://fr.wikipedia.org/wiki/Toccata_et_Fugue_en_r%C3%A9_mineur_BWV_565

http://www.youtube.com

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Publié dans Compositeurs Allemands

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J
Grace à la lecture de cet article, j'ai connu les fils de Bach, et quelques moorceaux trouvés sur le net ! Merci beaucou, je ne connaissais pas, j'aime beaucoup. Pour Bach lui même, et la Toccata, diffusée ici en plusieurs versions, j'ai un faible pour la : Toccata (modernisée pour Piano)<br /> <br /> Chacun ses goûts, mais pour moi, mon choix est fait !! bien sûr la version Orgue est magnifique mais la version moderne, un vrai plaisir à écouter !!<br /> <br /> Merci !<br /> <br /> Jj
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U
Avec plaisir..mon blog est fait pour cela..faire découvri de belles pages musicales et donner envie d'en connaitre plus..je laisse le soin à mes rares lecteurs  de faire cette démarche, d aller chercher un peu plus sur le net et pourquoi pas d'aller à l'opéra et/ou aux concerts...